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Le botulisme

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[ 20 août 2008 ]

Historiquement, cette maladie s’est développée dès lors que l’homme a élaboré des techniques de transformation de la nourriture, notamment en vue d’une meilleure conservation de celle-ci. Le développement des règles d’hygiène et des bonnes pratiques dans la préparation des produits alimentaires destinés à la conservation, même artisanaux, a permis de lutter efficacement contre la survenue de cette maladie qui représente une vingtaine de cas par an en France.

Le botulisme est une maladie à déclaration obligatoire.

Agent
La bactérie, Clostridium botulinum, sécrète une neurotoxine, la toxine botulique, qui est responsable de l’intoxication. Cette toxine est une protéine dont il existe sept types antigéniques, désignés par des lettres de A à G.

La toxine résiste relativement à la chaleur : elle est inactivée par la cuisson à une température de 100°C pendant 10 minutes et ceci, quel que soit le produit qui la contient.

Le développement de Clostridium botulinum ne peut se faire qu’en l’absence d’oxygène. Ainsi, la mise sous conditionnement de nourriture initialement contaminée par cette bactérie favorise la multiplication de celle-ci et la production de la toxine.

Dans des conditions impropres à son développement, Clostridium botulinum forme des spores qui permettent à la bactérie de survivre dans l’environnement. Ces spores sont très résistantes à la chaleur. Leur inactivation nécessite une exposition à une température de 120°C pendant au moins 20 minutes (chaleur humide, exemple : dans les autoclaves ou autocuiseurs).

Par ailleurs, la très forte toxicité de la toxine botulique fait redouter son utilisation dans le cas d’un acte malveillant : cf. dossier NRBC

Réservoir
L’habitat principal de Clostridium botulinum est le sol (germe dit tellurique). Ainsi, des spores de Clostridium sont présentes dans la terre, l’eau et les sédiments aquatiques du monde entier.

Mode de contamination
Le botulisme est habituellement causé par la consommation d’aliments qui contiennent de la toxine botulique. On parle souvent de botulisme « alimentaire ».

Ces aliments sont contaminés par Clostridium botulinum ou ses spores lors de leur préparation. Puis, en l’absence d’une stérilisation préalable, la conservation de ces aliments contaminés en anaérobiose et à température ambiante (boîte de conserve ou emballage sous vide) va favoriser la croissance de la bactérie et la production par cette dernière de toxine.

Une forme particulière de botulisme, le botulisme infantile, est causée par la consommation de spores de Clostridium botulinum. Dans un premier temps, la bactérie va se développer dans les intestins des nourrissons, leur flore digestive n’étant pas totalement fonctionnelle pour empêcher cette colonisation. Dans un deuxième temps, la bactérie va libérer progressivement sa toxine.

Des formes de botulisme par toxi-infection intestinale sont aussi observées chez des adultes.

Epidémiologie
En France, une vingtaine de cas de botulisme alimentaire en moyenne sont signalés chaque année. Dans leur grande majorité, ils sont liés à l’ingestion d’une préparation carnée (pâté, terrine, jambon) artisanale, industrielle ou familiale (toxine botulique B en majorité). Aucun cas mortel n’est survenu en France depuis dix ans.

Il n’y a pas de transmission inter humaine.

Clinique
La durée d’incubation et la gravité des symptômes dépendent de la quantité de toxine ingérée et du type de toxine en cause.

Les symptômes apparaissent généralement 12 à 36 heures après l’ingestion d’un aliment contaminé, mais ils peuvent se développer plus précocement ou plus tardivement (6 heures jusqu’à 10 jours). Les premiers signes peuvent être digestifs et non spécifiques (nausées, vomissements, diarrhée). Puis apparaissent des signes neurologiques caractéristiques de l’intoxication botulique : troubles de l’accommodation (sensation de vision floue), paupières tombantes, troubles de l’élocution, difficulté à avaler, sécheresse de la bouche, faiblesse musculaire. Dans les cas les plus graves et faute de traitement, ces symptômes peuvent progresser pour provoquer la paralysie des membres et des muscles respiratoires, pouvant conduire à la mort, en cas de forte contamination et en l’absence de traitement.

Il n’existe pas de fièvre (ou modérée), pas de trouble de la conscience ni de trouble de la sensibilité.

Diagnostic
Le diagnostic de botulisme peut être assez facilement suspecté cliniquement, du fait des symptômes très particuliers et de la description des produits consommés récemment par le malade. Toutefois, d’autres maladies peuvent présenter des symptômes similaires. Il est donc systématique de demander au laboratoire de confirmer le diagnostic : la toxine botulique peut être mise en évidence dans le sérum du patient, les vomissements ou les selles, ainsi que dans l’aliment responsable.

Ces tests sont effectués par le centre national de référence des bactéries anaérobies et du botulisme.

Traitement
Le traitement du botulisme est symptomatique ; il peut impliquer une hospitalisation pour les formes graves. Le traitement des cas les plus graves peut également nécessiter une ventilation assistée (respiration artificielle).

Prévention
L’observance des règles d’hygiène lors de la préparation des aliments (lavage soigneux), ainsi que le respect de bonnes pratiques de cuisson et de conservation pour les salaisons et les conserves artisanales sont les premières règles de prévention. Le respect de la chaîne du froid pour les produits alimentaires reste également un point important (Clostridium botulinum voit sa croissance ralentie à la température de réfrigération).

Enfin, il est toujours recommandé, au moindre doute, si le produit sur le point d’être consommé présente une couleur différente, une odeur anormale voire nauséabonde, en particulier si la boîte de conserve est déformée ou gonflée, de jeter le produit sans le consommer.

Déclaration
Le botulisme est une maladie à déclaration obligatoire. Ainsi, en cas de suspicion d’un cas de botulisme, les médecins sont tenus de le déclarer sans délais aux autorités sanitaires qui procèderont à une enquête pour identifier l’origine de la contamination et, le cas échéant, prévenir les personnes susceptibles d’y être exposées.

Pour en savoir plus : sites internet

Source :

Département d’urgence sanitaire (DUS), Maspras
Direction générale de la santé
14 avenue Duquesne - 75007 PARIS
Mise en ligne : janvier 2008