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[ 11 avril 2009 ]
Le chlordécone est un produit antiparasitaire qui a longtemps été utilisé en Martinique et en Guadeloupe pour lutter contre le charançon du bananier. Cette substance très stable a été détectée dans les sols et peut contaminer certaines denrées végétales ou animales, ainsi que les eaux de certains captages.
Cette contamination constitue une préoccupation sanitaire, environnementale, agricole, économique et sociale. Prise en compte dans le Plan national santé environnement (PNSE) adopté en 2004, elle a mobilisé l’Etat et ses opérateurs, au sein de plans locaux lancés par les préfets avec l’appui des comités de bassin [1] dès 1999. Le suivi et le renforcement de ces derniers sont assurés en Guadeloupe par le groupe régional d’étude des pollutions par les produits phytosanitaires (GREPP) et en Martinique par le groupe régional phytosanitaire (GREPHY).
Un plan d’action chlordécone 2008-2010 en Martinique et en Guadeloupe a été annoncé par le Premier ministre lors de son déplacement aux Antilles en janvier 2008 afin de renforcer les actions et mesures concernant cette contamination. Le professeur Didier HOUSSIN, directeur général de la santé, est chargé de coordonner l’action des services gouvernementaux pour la mise en œuvre de ce plan.
Les objectifs de ce plan d’action sont de :
Le plan comprend quatre volets :
1. Renforcer la connaissance des milieux en développant les cartographies, en équipant les laboratoires d’analyses locaux d’ici 2009 et en poursuivant les études et recherches sur les milieux.
2. Diminuer l’exposition et mieux connaître les effets sur la santé.
Le gouvernement a voulu aller plus loin, afin de réduire l’exposition de la population et de restaurer la confiance des consommateurs, et engager une politique de qualité de la production alimentaire. Ainsi, un arrêté sera publié d’ici fin juin 2008 fixant des valeurs de LMR inférieures aux seuils maximums tolérables de contamination des aliments établis par l’AFSSA :
* en ce qui concerne les denrées végétales, les valeurs limites seront de :
* pour les denrées animales, qu’elles soient d’origine terrestre ou aquatique, la valeur limite sera fixée à 20 µg/kg.
Un soutien des programmes à destination des jardins familiaux est prévu afin d’accélérer ces actions de proximité. Il s’agit d’évaluer les risques liés aux pratiques de culture et d’élevage familial sur les sols contaminés et à prodiguer des conseils agronomiques et des conseils sur la consommation et les modes de préparation des aliments afin de réduire l’exposition. Les personnes recourant à la consommation des produits de leur jardin conserveront ainsi une alimentation saine et équilibrée.
3. Assurer une alimentation saine, en développant notamment la traçabilité des produits, et gérer les milieux contaminés. Les agriculteurs concernés se verront proposer un diagnostic technico-économique personnalisé de son exploitation. Le cas échéant, des aides à la reconversion, aux investissements en cas de transfert de l’exploitation ou de réorientation de la production et aux professionnels en difficulté, ou le renforcement des formations pourront être mises en place.
4. Améliorer la communication, en renforçant notamment le rôle des groupes régionaux GREPP et GREPHY sous l’égide des préfets, et le pilotage du plan. Un site internet www.chlordecone-infos.gouv.fr sera ouvert le 30 juin 2008 pour faciliter l’accès à l’information.
Le montant financier consacré à ce plan s’élève à plus de 33 millions d’euros sur 3 ans. Une évaluation annuelle de l’état d’avancement des 40 actions du plan sera réalisée.
Consulter :
[1] Assemblée qui regroupe les différents acteurs, publics ou privés, agissant dans le domaine de l’eau.
[2] - http://www.legifrance.gouv.fr/jopdf…
Contact presse :
DGS : laurence.danand@sante.gouv.fr
Tél. 01 40 56 52 62



La Ministre de la santé et des sports.

La secrétaire d’Etat chargée des sports.
