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Accueil > Téléphonie mobile et santé > Téléphones mobiles, leurs stations de base et la santé : les rapports scientifiques
[ 17 juin 2001 ]
"Les conclusions des rapports récents dressant l’état des connaissances sur les risques pour la santé liés à l’usage des téléphones mobiles et à leurs équipements, justifient-elles une adaptation des règles de gestion des risques adoptées récemment par les instances françaises et européennes ? ". Telle est, en substance, la question centrale posée au groupe d’experts réuni par la Direction Générale de la Santé.
La gamme de fréquence exploitée pour la téléphonie mobile se situe, selon les opérateurs et les technologies, entre 850 et 1900 MHz, et s’étendra jusqu’à 2200 MHz, avec le développement de la nouvelle technologie UMTS, et dans la bande 400 MHz avec le système TETRA en cours de développement. Elle s’inscrit dans l’ensemble, plus vaste, des radio-fréquences, si présentes dans notre environnement à domicile (cuisson à micro-ondes…), au travail (systèmes de chauffage industriels…), ou dans l’espace public (émetteurs radio ou télévision, systèmes antivols ou de télécommandes …), particulièrement en milieu urbain.
Le développement des télécommunications a été suivi par celui de la recherche sur les effets des champs électromagnétiques radiofréquences (RF) sur les systèmes biologiques. Les premiers travaux ont débuté après la deuxième guerre mondiale. Cette recherche s’est particulièrement intéressée aux mécanismes qui pourraient relier l’exposition des cellules humaines au développement de cancers. Le recul est encore limité, cependant, pour apprécier d’éventuels effets à long terme. Les phénomènes physiques et biologiques fort complexes qui opèrent appellent la mise au point de procédures d’expérimentation, de mesure et d’observation qui n’avaient pas toujours, dans les premiers travaux, été parfaitement contrôlées. D’où, malgré le volume important des travaux scientifiques, la difficulté à dégager, encore aujourd’hui, des conclusions claires. Des modifications, à court terme, de certains paramètres physiologiques ou biochimiques, ou encore de fonctions neuro-sensorielles fines, sont mises en évidence dans certains travaux, alors que d’autres contredisent certains de ces résultats. La signification de ces observations pour prédire la survenue d’effets à long terme est sujette à des discussions.
Cette difficulté à trancher préoccupe naturellement le public. L’interrogation sur la réalité de risques pour la santé résultant de l’exposition aux RF revêt une dimension particulière, alors que déjà près de 30 millions de personnes sont des usagers des téléphones mobiles en France et que le marché prévisible s’élève à plus de 44 millions dans 4 ans. Un risque, aussi faible soit-il au plan individuel, pèserait alors d’un poids très lourd en termes de santé publique, du fait même de cette étendue de l’exposition.
Mais la téléphonie mobile est aussi un facteur de sécurité sanitaire. La rapidité des alertes en cas d’accidents, de feux ou d’autres dangers, et l’efficacité des secours, sont considérablement améliorées par la large diffusion de cette technologie, qui a déjà sauvé de nombreuses vies dans le monde. Cette appréciation de la balance des risques, s’il sont réels, et des avantages, n’est pas dans la mission confiée au groupe d’experts, qui elle relève de l’évaluation des risques, laquelle procède de l’analyse des seules données scientifiques.
Ce rapport expose de manière détaillée, dans un premier chapitre, la démarche de synthèse critique suivie pour fonder le jugement du groupe d’experts et ses recommandations. Le second chapitre présente les sources et caractères des champs électro-magnétiques associés à la téléphonie mobile, et les mécanismes, connus ou explorés, par lesquels ils interagissent avec la matière vivante. Dans le troisième chapitre, les valeurs limites d’exposition du public aux RF associées à la téléphonie mobile sont rappelées, et leurs fondements scientifiques expliqués.
Le chapitre le plus volumineux est le quatrième, qui synthétise les résultats du travail du groupe d’experts sur l’état des connaissances scientifiques. Plusieurs instances scientifiques ont produit, au cours de la période récente, des rapports visant à appréhender les effets biologiques et sanitaires des RF. Réunissant de nombreux experts de très haut niveau dans les diverses disciplines scientifiques concernées, ces instances ont analysé l’ensemble des travaux scientifiques disponibles alors. Le groupe d’experts s’est appuyé sur ces documents de synthèse pour répondre à la mission qui lui a été confiée ; ils sont au nombre de cinq, et rassemblent plusieurs centaines d’articles publiés dans la littérature scientifique. En plus de ces ‘rapports de base’, sept ‘documents additionnels’ ont été pris en considération, actes de colloques ou articles de synthèse apportant d’autres informations intéressantes. Le groupe d’experts a aussi veillé à prendre en considération les travaux publiés les plus récents, et ce jusqu’à la rédaction de ce rapport. Il a enfin sollicité l’avis, à l’occasion de séances d’auditions, de près de vingt personnalités des milieux scientifiques, administratifs, industriels, associatifs et politiques, à la fois pour compléter ses informations et pour mieux prendre en compte les préoccupations qui parcourent le corps social sur le sujet.
En conduisant cette mission d’évaluation des connaissances scientifiques, le groupe d’experts avait un double objectif :
Le sixième et dernier chapitre est consacré aux recommandations de recherche avancées pour réduire les incertitudes qui persistent à l’heure actuelle, sur les sujets jugés prioritaires. Des formes de financement de la recherche garantissant son indépendance vis à vis des divers intérêts en jeu sont proposées.
| Au terme de son mandat, le groupe d’experts souligne qu’il a pu mener à bien son travail en toute indépendance, tant par rapport aux acteurs industriels que vis à vis des pouvoirs publics, la Direction Générale de la Santé ayant apporté un appui efficace et effacé à l’accomplissement de cette mission. |
Consulter le rapport complet :
Source : Les téléphones mobiles, leurs stations de base et la santé (rapport du 18 Janvier 2001)
Mise en ligne : Direction générale de la santé (Janvier 2001)

La Ministre de la santé et des sports.

La secrétaire d’Etat chargée des sports.
